25/05/2011

Viel Mut ! – et autres histoires franco-allemandes

Introduction 

Cela nous est tous arrivé. On connaît le mot en français mais pas sa traduction en allemand. Mais tant pis, par nécessité ou par goût du risque, on y va, on tente. Au petit bonheur la chance. Essayons de prendre le mot français et de lui rajouter un –ieren à la fin. Après tout, ça marche pour telefonieren, funktionieren, kontrollieren. Donc, il y a une chance sur deux ou trois de tomber juste (donnée statistique très peu fiable qui fait débat chez les linguistes). Mais non, apparemment, mon « negocieren » ne semble avoir aucun effet sur mon interlocuteur allemand. Pas plus que mon « engueulieren » me direz-vous. Raté. Encore raté. Il me faudra trouver des paraphrases, des mimiques. Ou apprendre mes fiches de vocabulaire, c’est selon.

L’expérience ne fonctionne pas qu’avec les verbes. Il est de ces expressions, de ces tournures, de ces termes impossibles à vraiment traduire dans l’autre langue. Vous avez tous votre exemple en tête et j’ai aussi le mien. Un jour, damals, au cours d’une conversation dont le contenu est depuis tombé dans l’oubli, je voulais apporter mon soutien à un ami allemand pour un match de foot ou pour un examen, bref pour une épreuve capitale qui se présentait à lui. Comment dit-on « bon courage » ? pensais-je alors. Vite, association d’idées. Courage = Mut. Der, die, das ? Aucune idée. Et inutile, il faut se dépêcher. « Bon courage », c’est un peu comme « Viel Spaß », un peu comme « Viel Erfolg ». Allons-y (tout ca en l’espace d’une demi-seconde pour éviter les blancs embarrassants dans une conversation) : « Viel Mut ! ».

Selon l’interlocuteur, vous aurez le droit à A) un bon gros rire moqueur, B) un sourire au coin des lèvres avec un « Merci » C) une correction grammaticale en bonne et due forme D) un sourire gêné cachant un « Mais qu’est-ce qu’il a dit ? Dis donc, ces Français, c’est vrai qu’ils arrivent pas à enchaîner deux mots ». Rayer les mentions inutiles.
Ce « Viel Mut » est pour moi resté un symbole. Le symbole que, non, tout n’est pas absolument traduisible. Que c’est bien beau d’apprendre les listes de vocabulaire et la liste des verbes forts à la fin du cahier d’allemand mais qu’il faut connaître les nuances, les références culturelles, historiques ou linguistiques pour bien maîtriser la langue. Symbole aussi que les deux langues, reflets des deux cultures, se complètent. C’est quand même triste de ne pas pouvoir sortir un    « bon courage » au moment opportun.

Par exemple au moment d’annoncer cette nouvelle chronique qui présentera des histoires franco-allemandes sur ce blog. Des histoires de la vie quotidienne, des petites anecdotes drôles et divertissantes pour mon œil de Français en Allemagne. Et donc, pour les lecteurs qui, ne savant pas vraiment dans quoi ils se lançaient en débutant la lecture de ce texte, ont tout de même choisi de leur propre gré de suivre de cette chronique passionnante, mais aussi pour l’auteur qui va se soumettre à la lecture attentive d’un public aussi nombreux qu’exigeant : 
Viel Mut !



article rédigé par Sébastien Vannier

3 commentaires:

veronique a dit…

j'aurais dit ALLES GUTE oder MACHE ES GUT
en allemand une expression me plait bien et n'existe pas en francais : SELBST DRANN SCHULD....
toi meme responsable;;;;;

veronique a dit…

meme JF KENNEDY a gaffé en 1961 devant le mur de BERLIN IL A DIT : ICH BIN EIN BERLINER
IL AURAIT DU DIRE ICH BIN BERLINER
car en fait il dit ... JE SUIS UN PETIT GATEAU A L'ABRICOT spécialité berlinoise

Anonyme a dit…

et alors qu'elle est la bonne réponse? :)

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