13/07/2011

Viel Mut III : La France ? - Oui, présent.

Non, non, il ne s’agit pas d’une petite poussée de mégalomanie. La France, c'est moi ! C’est toi, c’est nous, c'est vous quoi.

Celle-là, on vous l'a faite aussi à un moment ou à un autre. « Attention, vous représentez votre pays », « Vous êtes l’image de la France », « Vous êtes les ambassadeurs de la France en Allemagne ». Moi aussi, ça me faisait bien rire, parce que mon appart ne donnait pas vraiment sur la Porte de Brandebourg et les pyramides de Ferrero Rocher, il y en avait pas beaucoup pendant mes réceptions. Mais à la réflexion, il y avait quand même un peu de vrai.

Exemple : première semaine de cours en université allemande, cours de relations internationales (le prof se reconnaîtra) : « Herr Vannier, que pensent les Français de la position de la Grande Nation sur cette question ? ». Ah la vache, la question piège. Parce que déjà, je me suis battu corps et âme pour suivre le cours en allemand. Ensuite, je sais même pas ce que c’est la Grande Nation moi. Et enfin, il faut que je donne l’avis des Français ? Les Français… tous les Français ? Là, un par un ?
Les exemples ne manqueront pas à chacun de vous, où il a fallu justifier les comportements de tous ses compatriotes, comme ça, spontanément. « Bah alors, pourquoi vous avez pas voté pour la Constitution européenne ? ». Ben, c’est pas moi, c’est eux. « Et toi, t’es quoi ? ».

Encore pire, après tu dois justifier les actions de n’importe lequel de tes compatriotes : « Mais, toi qu’es Français, dis-moi pourquoi Zidane il a fait ça en finale ». Après qu’on m’ait posé 50 fois la question, je me suis demandé si Zizou avait finalement pas fait ce coup de boule exprès pour agacer ses compatriotes expatriés.

Ambassadeur, du coup, c’est pas un métier facile. Parce qu’il faut connaître ton pays par cœur, sinon tu passes pour un faux-Français. « Ah mais tu es Français ! J’adooooore la France, j’ai passé mes vacances à Bayonne, tu es déjà allé à Bayonne ? » Non. « Carcassonne, c’est tellement beau ». Non plus. « Et Montpellier, c’est très joli ». Non, non, franchement, tout ce qu’est en-dessous de la Loire, c’est un peu terra incognita pour moi. Et là, l’Allemand te regarde d’un air un peu méfiant en pensant sûrement « Peut-être que c’est pas un vrai Français en fait ».
Enfin, le summum, c’est qu’un Ambassadeur doit connaître le nom de tous ses compatriotes. Ça, on vous l'a déjà faite c’est sûr. « Ah, tu es Français ? Moi, j’ai un copain français aussi. Il s’appelle Simon Grosjean*, tu connais ? » Ben ouais, j’suis Français, j’connais tous les Français évidemment. J’ai un carnet d’adresses de 65 millions de personnes.
Mais, entre Ambassadeurs, c’est de bonne guerre, je ne manque pas de rendre la politesse diplomatique aux Allemands : « Alors, dis-moi, toi en tant qu’Allemand, comment tu comptes sortir du nucléaire ? » «  Et puis, qu’est-ce que tu trouves si intéressant à Tatort ? ». «  Et tu connais Braunschweig ? C’est magnifique Braunschweig. Comment ça, tu y es jamais allé ? C’est bizarre. »

*Nom changé par la rédaction. Il existe pas Simon Grosjean. Enfin si, peut-être. Sûrement même, mais pas en vrai dans cette histoire.


Article rédigé par Sébastien Vannier

1 commentaire:

scharella a dit…

hahaha! ca me rappelle tellement mon année en Allemagne.
Moi j'ai eu droit 5 fois à : pourquoi n'y a t-il aucun francais dans l'équipe de France et aux comparaisons entre Mr. Sarkozy et Napoléon!

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