05/01/2012

Ick bin ein Berliner

 

Chaque mois, un morceau de Berlin avec le magazine culturel BERLIN POCHE !


IL ÉTAIT UNE FOIS...
Les marionnettes à Berlin
Texte | Marina Skalova
Photo: "Marionnettes de Sergei Obraszow"
Staatliches Zentrales Puppentheater Moskau_Fuelle den Kelch



Divertissement populaire, outil de propagande nazie ou support d’expression subversif : l’histoire des marionnettes aux couleurs bariolées qui égayent nos hivers berlinois en dit beaucoup sur le passé de la ville.

À l’origine, il y a le Kasper, l’équivalent du Guignol de Mourguet. Une figurine satirico-comique au long bonnet rouge et à la robe d’Arlequin, qui sillonne les routes de Prusse dès la fin du 18e siècle, des histoires abracadabrantes sur le bout des lèvres. Les saynètes pleines d’humour où il apparaît acquièrent une portée pédagogique avec la création du Hohnsteiner Puppentheater, initié par Max Jacob, dès 1921. Pendant plusieurs années d’intense création, ce théâtre porte le personnage à son apogée, notamment en le représentant sur le grand écran, dans Der betrogene Räuber. Mais cela n'empêchera pas par la suite son déclin. En croisade pour l’ordre et la morale, la marionnette de Jacob devient l’un des média privilégiés de la propagande nazie. Au premier rang de toutes les fêtes officielles du NSDAP, elle est savamment utilisée à des fins idéologiques. Après la guerre, le tournant est radical. Accusés de compromission, les forains subissent une véritable purge. En RFA, les marionnettes disparaissent alors de la scène. Mais de l’autre côté du Mur, un vent venu de l’Est leur donne un souffle nouveau. « En RDA, nos modèles venaient d’URSS, où le savoir-faire des marionnettistes était pleinement reconnu. Une importante variété de formes créatives en a découlé », se souvient Hans-Jochen Menzel, directeur du département de marionnettes à la Ernst-Busch-Schule de Berlin, créé en Allemagne de l’Est en 1971. « Nous avions un espace de liberté artistique important en RDA, mais en même temps, la censure était omniprésente », retrace-t-il. « C’était un peu un jeu de contourner, d’esquiver. La marionnette permet de dire différemment certaines choses, c’est ce que je trouve passionnant. » Le bonhomme de bois pour parer la langue de bois, en somme.


QUELQUES ADRESSES

L'incontournable : Die Schaubude
Greifswalder Str. 81-84 | S Greifswalder Str.
www.schaubude-berlin.de

L’historique : Das Puppentheater-Museum
Karl Marx Str. 135 | U7 Karl Marx Str.
www.puppentheater-museum.de

Le formateur : Die Hochschule für Schauspielkunst "Ernst Busch"
Schnellerstr. 104 | S Schöneweide
www.hfs-berlin.de/puppenspielkunst

L’enfantin : FEZ
An der Wuhlheide 197 | S Wuhlheide
www.fez-berlin.de

L’alternatif : Das Helmi au Ballhaus Ost
Pappellallee 15 | U2 Eberswalder Str.
www.das-helmi.de

Retrouvez la suite du dossier dans le numéro actuel de BERLIN POCHE (Janvier 2012 - #36)
Points de vente du magazine (1€) : www.berlinpoche.de
PDF en ligne pour 1€ : http://www.scopalto.com/magazine/berlin-poche

 

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