10/07/2013

Twitter, l’oiseau le plus célèbre du monde


Créé en 2006, Twitter compte aujourd’hui plus de 500 millions d’utilisateurs à travers le monde. Les célèbres « 140 signes », peuvent enflammer la communauté web et même au-delà. @Le-petit-oiseau est à présent le repaire des people et des politiques qui l’ont transformé en énième espace médiatique #redoutablearmedecom

Si les débuts de la plateforme de micro-blogging  ne laissaient pas présager une telle success story, l’ascension du petit oiseau a cependant été fulgurante. Créé au sein d’Odeo, une entreprise de diffusion de podcasts, Twitter a été imaginé par Jack Dorsey et Noah Glass, deux ingénieurs de la société. L’idée n’intéressant pas les investisseurs de la start-up, le fondateur d’Odeo rachète Twitter à ses deux employés en 2008 pour un montant approchant les 5 millions de dollars. 

Cinq ans plus tard, le petit oiseau, baptisé Larry en hommage au basketteur Larry Bird, ne compte pas moins d’un demi-milliard d’utilisateurs et pèse près de 5 milliards de dollars. 


L’instantanéité de l’information

Forgée sur le principe du « keep it simple, stupid », la génération Facebook a adopté Twitter presque inconsciemment. Régulièrement qualifiée de « perte de temps » par ses détracteurs, la mini-messagerie s’est pourtant imposée comme LE moyen le plus rapide de suivre des évènements quasi instantanément, comme l’arrestation de DSK (qui a généré 255 000 Tweets en 36 heures) ou  le bal tragique lors de l’élection du président de l’UMP. L’outil est d’ailleurs considéré comme un excellent moyen de veille médiatique par de nombreuses rédactions, mais aussi par ses utilisateurs accros à l’info. Twitter est également utilisé pour répandre de fausses rumeurs. On se souvient de la colère de certains lycéens, persuadés que l’ex-majorité souhaitait raccourcir les grandes vacances. Bilan, quelques manifestations et blocages de lycées. 

Utilisé en Occident pour commenter l’actualité ou  partager sa dernière « soirée pâtes », l’oiseau s’est révélé  être un redoutable outil politique lors des trois révolutions arabes.  Un paradoxe, comme le souligne Claire Poinsignon, journaliste indépendante, ancienne chargée de mission Europe pour Arte et twitteuse reconnue (@lysdeschamps) : « J’ai été impressionnée par ce qu’en faisaient les bloggeurs arabes par rapport aux journalistes français. Pour les uns il s’agissait de faire un commentaire plus ou moins douteux de l’actualité, pour les autres c’était un moyen d’expression privilégié pour échapper à la censure ». 


Twitter et les médias

Petites phrases assassines, réactions à un évènement, prises de position, Twitter est devenu un élément clé de la communication des politiques et donc une source supplémentaire pour les journalistes. Il n’est plus rare que des rédactions reprennent directement des tweets plutôt qu’une dépêche AFP. 

Mais quelle attitude adopter face à cet étrange objet en tant que journaliste ? Pour Claire Poinsignon, tout est dans la méthode : « J’ai d’abord construit un réseau autour de mes propres centres d’intérêt, exactement comme une ligne éditoriale, en refusant absolument d’avoir une politique attrape-tout.  Twitter permet de faire une revue de presse planétaire et multilingue, mais aussi de partager soi-même des informations».

Un œil sur la planète qui n’a pas échappé à l’ensemble des rédactions, puisque la plateforme de micro-blogging s’est imposée comme un canal d’information à part entière. Le New York Times a nommé en 2009 une rédactrice en chef chargée de ces nouveaux outils. En France, le magazine l’Express encourage ses journalistes à tweeter et certains médias ouvrent des fils d’actualités à l’occasion d’événements (Examen de propositions de lois, Festival de Cannes, rencontres sportives…). 

Passe-temps, moyen de communication, mare aux infos…  le réseau social n’est cependant pas dépourvu d’âme ni d’esprit et les tweetos les plus suivis l’ont bien compris : « Twitter est un média hypersensible qui donne volontiers une prime à l’émotion et à la sincérité. Parfois cela sert le message qu’on veut faire passer » conclut Claire Poinsignon. 


Auteur : Diane La Phung 

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